Le JOMO, ou l’art de rater des trucs cet été sans culpabiliser

Vous connaissez sûrement le FOMO, cette petite angoisse de manquer quelque chose qui pousse à scroller son téléphone toutes les dix minutes de peur de rater la soirée, l’info ou le mème du moment. Son antidote a un nom presque jumeau : le JOMO, pour joy of missing out, la joie de manquer quelque chose. Et l’été est la saison parfaite pour s’y mettre.

Le terme a été popularisé en 2012 par Anil Dash, blogueur et entrepreneur de la tech, qui décrivait simplement le plaisir retrouvé à passer du temps seul, déconnecté des réseaux. L’idée n’est pas de jeter son smartphone par la fenêtre. C’est de choisir, volontairement, ce qu’on décide de ne pas suivre.

Les bénéfices ne relèvent pas du simple effet de mode. Selon la Cleveland Clinic, se déconnecter de manière intentionnelle améliore la concentration, renforce l’engagement dans les relations et fait du bien au moral comme au corps. Rien de magique là-dedans : moins de notifications, c’est moins de sollicitations qui fragmentent l’attention.

Concrètement, le JOMO ne demande pas une cure radicale. Vous pouvez commencer petit. Couper les notifications non essentielles, par exemple. Décider que le téléphone reste dans une autre pièce pendant le dîner. Bloquer une plage horaire sans écran, le matin au réveil ou le soir avant de dormir.

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L’été aide, parce que le rythme ralentit naturellement. Une journée à la mer, une rando, un repas qui s’étire, autant de moments où l’on n’a pas grand-chose à rater de toute façon. Profitez-en pour réapprendre l’ennui, ce vieil ami qu’on a chassé à coups de vidéos verticales et qui, pourtant, laisse l’esprit vagabonder.

Il y a un piège à éviter, quand même. Le JOMO ne doit pas devenir une nouvelle injonction culpabilisante, un truc de plus à réussir parfaitement. Si vous avez envie de regarder vos notifications en terrasse, faites-le sans vous flageller. L’objectif, c’est de reprendre la main, pas de remplacer une pression par une autre.

Le plus simple pour commencer ? Choisir une seule chose à ne plus suivre cette semaine. Un groupe de discussion qui ne vous apporte rien, une appli qui aspire vos soirées, un fil d’actualité anxiogène. Vous verrez, ce petit vide se remplit vite de choses plus agréables. Et personne, vraiment personne, ne remarquera que vous avez manqué le débat du jour.

Crédit photo : Niklas FliNdt (CC BY-SA 2.0)