Trois livres pour entrer dans le Portugal de Lisbonne

Le Portugal, on le découvre souvent mieux dans les pages d’un livre qu’à travers un guide touristique. Avant de poser le pied à Lisbonne, ou juste après en être revenu, certains romans donnent une clé que les photos ne donnent jamais. En voici trois qui m’ont aidée à comprendre l’atmosphère du pays, sa lumière, sa mélancolie tranquille.

Le premier, c’est Le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa. Pas vraiment un roman d’ailleurs, plutôt un journal de pensées attribué à Bernardo Soares, un employé de bureau qui regarde passer Lisbonne depuis le quartier de la Baixa. On y avance lentement, par fragments, et c’est ça qui fait son charme. On ressent les après-midi gris au bord du Tage, la lumière qui change tout, cette fameuse saudade qu’aucune traduction française ne rend complètement. C’est le genre de livre qu’on garde sur la table de nuit et qu’on ouvre au hasard. Personnellement, je le recommande à qui veut comprendre l’âme un peu rêveuse de la ville.

Le deuxième, Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, est plus romanesque. Un professeur suisse plaque tout sur un coup de tête et part à Lisbonne sur les traces d’un médecin qui a vécu sous la dictature de Salazar. On grimpe les ruelles de l’Alfama, on entend les vieux tramways jaunes grincer, on traverse des appartements feutrés chargés de souvenirs. Le roman parle d’identité, de bifurcations, de ces vies qu’on aurait pu mener. Et en toile de fond, il y a la mémoire de la résistance portugaise, ces années sombres dont la ville porte encore la trace. C’est un livre de voyage autant qu’un roman, parfait pour le train ou l’avion.

Le Livre de l'intranquillité - Fernando Pessoa

Si vous ne deviez en emporter qu’un à Lisbonne, ce serait celui-là : le chef-d’oeuvre de Pessoa vous met directement dans l’ambiance de la ville.

Le Livre de l’intranquillité – Fernando Pessoa → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le troisième demande un peu plus d’effort, mais il en vaut la peine. Les Maia, d’Eça de Queirós, c’est le grand roman du Lisbonne du XIXe siècle, entre les salons mondains du Chiado et les jardins de Sintra. On suit la grandeur puis le déclin d’une famille aristocratique, le tout porté par une ironie mordante qui n’a pas pris une ride. C’est long, c’est dense, mais on en sort avec l’impression d’avoir vécu plusieurs vies et compris la société portugaise de l’intérieur. Un classique qui mérite largement son statut.

Trois lectures, trois époques, trois manières d’aborder le même pays. Pessoa pour l’ambiance, Mercier pour l’aventure intérieure, Eça de Queirós pour la grande fresque. Si vous deviez n’en garder qu’un avant de partir, je dirais le Pessoa, parce qu’il met directement dans l’état d’esprit. Mais l’idéal reste de lire les trois et de laisser Lisbonne infuser doucement. Bon voyage, et bonne lecture.

Crédit photo : DR