Salman Rushdie raconte le couteau, et ce qu’il en reste

Trois ans après l’attaque qui a failli lui coûter la vie, Salman Rushdie a remis des mots sur ce qu’il a vécu. L’écrivain, poignardé en août 2022 lors d’une conférence aux États-Unis, est revenu sur cette agression au cours d’une audience au tribunal. Et son récit n’a rien d’abstrait.

Il décrit d’abord la douleur physique. Les coups, les interventions chirurgicales lourdes qui ont suivi, les séquelles qui ne le lâchent pas. Rushdie a perdu l’usage d’un œil dans l’affaire, et il ne fait pas mystère de ce que cela change au quotidien. Mais ce qui frappe dans son témoignage, c’est qu’il insiste autant sur le reste : la peur, l’anxiété, le sentiment d’isolement pendant la convalescence. Même entouré, on peut se sentir seul face à ce genre de chose.

L’attaque a aussi rebattu les cartes de son rapport à l’écriture. Pendant un temps, il a douté de son envie de continuer, de reprendre la plume après avoir frôlé la mort pour des idées. Plus de trente ans après la fatwa lancée contre lui à la sortie des Versets sataniques, le voilà rattrapé par la menace qu’il pensait peut-être lointaine.

Le Couteau, Salman Rushdie

Rushdie raconte lui-même l’attaque et sa reconstruction dans ce récit sans détour.

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S’il a choisi de parler, ce n’est pas seulement pour lui. Rushdie veut rappeler les risques que courent les écrivains et les artistes un peu partout dans le monde. Il appelle à la solidarité de la communauté littéraire, et à défendre la liberté d’expression même quand ça implique de prendre des coups, au sens propre comme au figuré.

De ce traumatisme, il a tiré un livre, Le Couteau, où il raconte sans détour l’agression et la lente reconstruction qui a suivi. Un texte qui mêle la douleur à une forme d’espoir, et qui fait de la littérature une manière de tenir debout.

Son témoignage au tribunal, lui, restera comme un symbole. Celui d’un homme qui, après quinze coups de couteau, choisit de continuer à écrire et à parler plutôt que de se taire.

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