La focaccia maison, le pain d’été qui pardonne tout
Si vous avez toujours rêvé de faire votre pain sans oser vous lancer, commencez par la focaccia. C’est probablement la porte d’entrée la plus indulgente de toute la boulange maison.
Pas de façonnage compliqué, pas de grigne à rater, pas de four à vapeur. Une pâte très souple, un grand plat huilé, vos doigts pour creuser des trous, et c’est à peu près tout.
Petit détour par Gênes quand même, parce que c’est là que tout se joue. La focaccia, fugassa en dialecte local, est née en Ligurie, et son nom vient du latin focus, le foyer. Au Moyen Âge déjà, les marins du port l’embarquaient parce qu’elle restait bonne plusieurs jours. Aujourd’hui encore, les Génois la mangent dès le matin, certains la trempent même dans le cappuccino. Oui, du pain à l’huile dans un café au lait. Et c’est très bien comme ça.
Le secret, c’est l’eau. Une pâte de focaccia réussie est très hydratée, autour de 70 pour cent du poids de farine. Elle colle, elle s’étale, elle semble ingérable. C’est normal, c’est même exactement ce qu’on cherche : c’est cette humidité qui donne une mie moelleuse et pleine de belles alvéoles.
Concrètement : farine, eau, levure de boulanger, sel, un filet d’huile d’olive. Vous mélangez sans vraiment pétrir, vous laissez lever au moins deux heures, ou mieux, une nuit au frigo. La pâte travaille toute seule pendant que vous dormez.
Pour des bords bien dorés sans que la pâte n’accroche, un plat dédié change vraiment la donne.
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Le geste qui change tout arrive juste avant la cuisson. Vous préparez une saumure, simple mélange d’eau, d’huile d’olive et de sel, et vous la versez généreusement sur la pâte avant d’y enfoncer les doigts. Les petits puits se remplissent, et c’est là que naît ce contraste entre croûte dorée et coeur fondant.
Après, amusez-vous. Gros sel et romarin pour la version classique, tomates cerises et origan pour l’été, olives, oignons rouges. Évitez juste de trop charger, la focaccia n’est pas une pizza.
Servie tiède à l’apéro avec un verre de blanc frais, coupée en deux pour un sandwich de pique-nique, ou en accompagnement d’une salade de tomates, elle fait le job partout. Et le rapport effort fourni sur effet produit est imbattable : vos invités penseront que vous avez passé la journée en cuisine.
Pour moi, c’est LA recette à adopter cet été. Même ratée, une focaccia reste meilleure que la plupart des pains du supermarché. Difficile d’en dire autant d’une baguette maison.
Crédit photo : jeffreyw (CC BY 2.0)
