La Bataille de Gaulle : pourquoi il faut courir voir L’âge de fer
Le cinéma français n’avait plus tenté ça depuis longtemps : une fresque historique à grand spectacle, avec un budget d’environ 74 millions d’euros, parmi les plus gros jamais alignés chez nous. La Bataille de Gaulle : L’âge de fer est sorti le 3 juin, et le détour s’impose.
Aux manettes, Antonin Baudry, le réalisateur du Chant du loup. Il s’attaque cette fois à un monument : Charles de Gaulle entre 1940 et 1942. La débâcle, le départ pour Londres, l’appel du 18 juin, puis ces longs mois où presque personne ne prend au sérieux ce général sans troupes qui prétend incarner la France.
Le pari était risqué. De Gaulle au cinéma, ça tourne vite à la statue qui parle. Sauf que voilà : Baudry choisit l’inverse. Son de Gaulle doute, s’agace, se cogne aux Anglais, et c’est ce qui rend le film passionnant.
Il faut dire que Simon Abkarian porte le rôle avec une autorité folle. L’acteur ne ressemble pas trait pour trait au général, et c’est tant mieux : il l’incarne au lieu de l’imiter. Face à lui, Simon Russell Beale compose un Churchill savoureux, tour à tour allié précieux et adversaire retors.
On croise aussi Niels Schneider en Leclerc et Anamaria Vartolomei, dans un récit qui file pendant 2h39 sans jamais traîner. Oui, c’est long sur le papier. En salle, ça passe tout seul, porté par des scènes de guerre dignes d’une production hollywoodienne.
Envie de prolonger la séance ? Le film est adapté de cette biographie de référence signée Julian Jackson.
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Le film a été présenté à Cannes en mai, où il a plutôt séduit la critique. On comprend pourquoi : il évite aussi bien l’hagiographie que la démolition, et ramène un personnage écrasant à hauteur d’homme. On sort de la séance avec l’envie de rouvrir un livre d’histoire, ce qui n’arrive pas si souvent.
Pour qui ? Les amateurs d’histoire, évidemment, mais pas seulement. Si vous avez aimé Le Chant du loup pour sa tension et sa précision, vous retrouverez la même patte. Et si vous pensez tout savoir sur l’appel du 18 juin, le film vous rappellera à quel point ces années ne tenaient qu’à un fil.
Dernier argument : c’est un diptyque. La seconde partie, J’écris ton nom, couvrira 1943-1944 jusqu’à la Libération de Paris et sortira le 3 juillet. Voir L’âge de fer maintenant, c’est arriver au second volet dans les meilleures conditions.
À vous de voir, mais pour nous, c’est la séance du mois.
