Golden Globes 2026 : Le sacre de Paul Thomas Anderson et le coup de maître de Timothée Chalamet
La 83e cérémonie des Golden Globes a lancé la saison des récompenses ce dimanche 11 janvier à Los Angeles, confirmant certaines attentes tout en réservant son lot de surprises. Si la soirée semblait promise à un duel de titans, elle s’est transformée en un véritable triomphe pour le cinéma d’auteur exigeant. Le grand vainqueur de cette édition est incontestablement Paul Thomas Anderson. Son thriller politique dense, Une bataille après l’autre, qui partait favori avec neuf nominations, a concrétisé sa domination en raflant quatre statuettes majeures. Au-delà du prix de la meilleure comédie, Anderson repart avec les trophées de la meilleure réalisation et du meilleur scénario, confirmant son statut intouchable cette année. L’équipe du film a également brillé grâce à la performance de Teyana Taylor, récompensée pour son second rôle spectaculaire dans la peau de l’activiste Perfidia Beverly Hills.
Cependant, la victoire de ce film choral a laissé un goût doux-amer pour l’une de ses stars. Alors que les pronostics annonçaient un sacre pour Leonardo DiCaprio, c’est finalement la jeunesse qui a pris le pouvoir dans la catégorie du meilleur acteur dans une comédie. Timothée Chalamet, tout juste trentenaire, a déjoué les pronostics en remportant le Globe pour son rôle dans Marty Supreme des frères Safdie. Cette victoire marque un tournant symbolique et place le jeune acteur en position de force pour les Oscars de mars prochain, laissant DiCaprio repartir les mains vides. Dans les registres plus dramatiques, c’est le Hamnet de Chloé Zhao qui tire son épingle du jeu avec deux prix prestigieux, dont celui de la meilleure actrice pour Jessie Buckley, tandis que le cinéma international a été célébré via le brésilien L’Agent secret, sacré meilleur film étranger et permettant à Wagner Moura de décrocher le prix du meilleur acteur dramatique.
Du côté de l’animation et des catégories techniques, la soirée a également bousculé la hiérarchie habituelle. Les géants Disney et Pixar ont dû s’incliner face à la déferlante venue de Netflix : KPop Demon Hunters a été élu meilleur film d’animation, confirmant l’attrait mondial pour ces productions hybrides. D’autres surprises sont venues ponctuer le palmarès cinéma, notamment la victoire inattendue de Rose Byrne pour If I Had Legs I’d Kick You, un film à la frontière des genres que beaucoup voyaient plutôt dans la catégorie drame, ainsi que celle du vétéran Stellan Skarsgård, salué pour son rôle de père complexe dans le film norvégien Valeur sentimentale.
Sur le petit écran, la compétition a été balayée par une seule et unique œuvre : Adolescence. La mini-série de Stephen Graham a réalisé une performance presque parfaite, un véritable grand chelem qui ne laisse que des miettes à la concurrence. Graham, non content d’être le créateur de cette fiction choc, repart avec le prix d’interprétation, tandis que ses partenaires de jeu, Erin Doherty et le jeune Owen Cooper, ont tous deux été sacrés dans leurs catégories de seconds rôles respectives. Avec quatre trophées sur cinq nominations, la série de Netflix s’impose comme le phénomène incontournable de ce début d’année 2026.
Enfin, le registre comique télévisuel a permis à Seth Rogen de briller doublement. Avec The Studio, sa satire piquante sur les coulisses d’Hollywood, il décroche le prix de la meilleure série comique et celui du meilleur acteur. Rogen a d’ailleurs profité de son temps de parole pour livrer l’une des meilleures répliques de la soirée, ironisant sur le fait qu’il avait dû créer sa propre série pour s’offrir un faux trophée à l’écran avant d’en gagner un vrai. Notons pour terminer la victoire méritée de The Pitt en série dramatique, et surtout la consécration de Rhea Seehorn pour Pluribus, une récompense saluée par la critique qui vient couronner le talent d’une actrice longtemps sous-estimée par les grandes cérémonies.
