La Passe-miroir, la saga française qui a conquis les lecteurs

Il y a des sagas dont on entend parler longtemps avant de s’y mettre, et qui finissent par tout justifier une fois la première page tournée. La Passe-miroir, de Christelle Dabos, fait partie de celles-là. Quatre tomes, un univers à part, et une autrice française qui a réussi le pari rare de séduire aussi bien les ados que les adultes. Si vous cherchez quoi lire pour vous évader vraiment, c’est une piste sérieuse.

L’histoire démarre avec Les Fiancés de l’hiver, et dès les premières pages, on comprend qu’on n’est pas dans un décor de fantasy classique. Le monde s’est brisé en arches flottantes, chacune avec sa culture et ses pouvoirs étranges. Au milieu de tout ça, Ophélie. Une héroïne maladroite, myope, emmitouflée dans son écharpe, qui n’a rien d’une guerrière. Sauf qu’elle peut lire le passé des objets qu’elle touche et traverser les miroirs pour se déplacer. Christelle Dabos construit là un monde d’une richesse folle, avec ses règles propres, et on prend un vrai plaisir à le découvrir morceau par morceau.

Ce qui tient le lecteur, ce sont surtout les personnages. Ophélie, d’abord, timide mais têtue, dont on suit l’évolution avec un attachement croissant. Et puis Thorn, ce fiancé glacial et énigmatique qu’on lui impose, et dont le caractère ambigu intrigue de bout en bout. Leur relation avance par petites touches, tout en pudeur, sans la facilité romantique habituelle du genre. Autour d’eux gravite une galerie de seconds rôles soignés qui donnent de l’épaisseur à l’ensemble.

Si la saga vous tente, autant attaquer les quatre tomes d’un coup avec le coffret.

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Côté intrigue, Dabos joue la carte du suspense distillé au compte-gouttes. Complots de cour, secrets de famille, luttes de pouvoir : rien n’est jamais acquis, et chaque tome se termine sur une révélation qui vous oblige à enchaîner sur le suivant. C’est addictif, il faut le reconnaître. On repousse l’extinction de la lampe de chevet « juste un chapitre de plus », et on connaît la suite.

Reste l’écriture, qui n’est pas le moindre des atouts. Fluide, très visuelle, parfois poétique, elle vous immerge sans effort dans cet univers d’arches et de palais. Dabos a ce talent de rendre vivant ce qui pourrait rester abstrait, et c’est sans doute pour ça que la saga supporte la relecture.

Bref, si vous hésitez encore sur votre prochaine lecture, vous pouvez foncer. La Passe-miroir ne révolutionnera peut-être pas votre vie, mais elle vous tiendra compagnie de belle manière pendant quatre tomes. Et entre nous, on en redemande à la fin.

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