Le syndrome de l’imposteur, ce petit démon qui vous souffle que vous avez volé votre place alors que personne autour de vous n’en doute
Vous décrochez le poste, le diplôme, le contrat, et au lieu de savourer, une voix s’installe et vous répète que c’est un malentendu. Que vous avez eu de la chance. Que le jour où on verra clair en vous, tout va s’écrouler. Ce petit manège porte un nom, et il concerne beaucoup plus de monde qu’on ne l’imagine.
On doit l’expression à deux psychologues américaines, Pauline Clance et Suzanne Imes, dans un article de 1978. Elles avaient suivi plus de cent cinquante femmes brillantes, des enseignantes, des étudiantes au parcours impeccable, toutes persuadées de ne pas être à la hauteur. Détail amusant, elles ne parlaient pas de syndrome mais de phénomène. Le mot a dérivé avec le temps, et on a fini par en faire une petite maladie bien à soi, alors qu’au départ c’était surtout une façon de décrire un doute très banal.
Banal, le mot est faible. Selon les estimations qui circulent, entre 60 et 70 % des gens ressentent ça au moins une fois dans leur vie professionnelle. Autrement dit, la personne qui vous intimide en réunion, celle qui semble tout maîtriser, a de bonnes chances de rentrer chez elle le soir en se demandant si elle n’a pas bluffé tout le monde.
Le piège, c’est que plus vous réussissez, plus la voix a de carburant. Chaque succès devient une preuve supplémentaire que vous allez devoir recommencer à faire illusion. Du coup, on travaille deux fois trop, on n’ose pas déléguer, on repousse le moment de demander une augmentation parce qu’on ne se sent jamais tout à fait légitime. Et comme on attribue ses réussites à la chance et ses ratés à soi-même, la mécanique tourne en boucle sans jamais s’arrêter.
Si le sujet vous parle, le petit guide de la psychologue Jessamy Hibberd propose des exercices concrets pour desamorcer la machine.
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Les réseaux sociaux n’arrangent rien. On compare sa vie intérieure, faite de doutes et de brouillon, aux vitrines parfaitement rangées des autres. Forcément, on se sent un peu en dessous.
Il n’y a pas de recette miracle, et méfiez-vous des gourous qui prétendent en vendre une. Ce qui aide vraiment, c’est d’en parler. Entendre un collègue que vous admirez avouer qu’il ressent exactement la même chose, ça dégonfle énormément le truc. Tenir aussi une petite liste de ce que vous avez accompli, sans la minimiser, histoire d’avoir du concret à opposer à la voix les mauvais jours.
Si vous vous reconnaissez là-dedans, c’est plutôt rassurant. Ça veut surtout dire que vous tenez à bien faire. Les vrais imposteurs, eux, ne se posent jamais la question.
Crédit photo : Illustration generee par IA
