John Legend confie tout un album à Pharrell, et Muse sonne comme une lettre d’amour enregistrée au siège de Louis Vuitton
Vingt ans d’amitié, et jamais un disque entier à deux. John Legend et Pharrell Williams ont fini par s’y mettre. Muse est sorti le 23 octobre, produit de bout en bout par Pharrell, et c’est le genre de projet qu’on sent couver depuis longtemps.
L’histoire du lieu vaut le détour. L’essentiel du disque s’est écrit et enregistré à Paris, dans le studio que Pharrell a installé au siège de Louis Vuitton, au fond des bureaux du 8e arrondissement où il dessine les collections homme de la maison. Les deux hommes ont commencé en janvier 2025. On imagine mal cadre plus parisien pour un album de soul américain.
Côté son, Pharrell ne fait pas semblant. Des 808 et des batteries hip-hop un peu crues posées contre des cordes amples, des cuivres, et quelque chose qui rappelle Nina Simone autant que Nat King Cole. Legend garde sa voix de velours, mais le décor autour a changé. Plus rugueux, moins lisse que ses ballades habituelles. Le single Daylight ouvre le bal, et Pray For Ya, ce groove gospel, avait déjà servi de bande-son au défilé Louis Vuitton homme automne-hiver 2026. Autant dire que le disque est né en partie sur un podium.
Le temps que Muse trouve sa place dans les bacs, l’album Legend rappelle d’ou vient cette voix.
John Legend, Legend → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Comment en sont-ils arrivés là ? Par un détour malin. Legend est venu poser sa voix sur The Birds Don’t Sing, un titre du retour de Clipse, produit par Pharrell. De fil en aiguille, l’envie d’un vrai album commun s’est imposée. Du coup, ce qui ressemblait à une collaboration de plus est devenu un projet à part entière.
Est-ce que ça marche ? Pour moi oui, et c’est même assez courageux. Legend aurait pu refaire du Legend, enchaîner les ballades piano-voix qui remplissent les mariages. Il a préféré se laisser bousculer par un producteur qui pense d’abord en textures. Le résultat n’est pas parfait, quelques morceaux cherchent encore leur place, mais l’ensemble respire une liberté qu’on ne lui connaissait plus trop.
Si vous aimez la soul qui prend des risques, ou simplement la patte Pharrell depuis Clipse, Muse mérite une vraie écoute au casque. Pas en fond sonore. C’est le genre de disque qui donne envie de relancer la première chanson une fois la dernière passée.
Crédit photo : Apple Music
