Carrie revient en huit épisodes sur Prime Video, et Mike Flanagan a enfin trouvé une bonne raison de rouvrir le dossier
On connaît l’histoire par cœur. Une ado humiliée, un seau de sang de cochon, un bal de promo qui vire au carnage. De Palma en avait tiré un classique en 1976, et une version de 2013 avec Chloë Grace Moretz avait essayé de refaire le coup sans grand succès. Alors forcément, quand Prime Video annonce une énième adaptation du premier roman de Stephen King, on se demande bien à quoi bon.
Sauf que c’est Mike Flanagan aux commandes. L’homme derrière Midnight Mass et The Haunting of Hill House ne fait pas de l’horreur pour l’horreur, il raconte des familles qui se dévorent de l’intérieur. Et sa Carrie, disponible en intégralité depuis le 7 octobre, prend tout son temps : huit épisodes là où les films bouclaient l’affaire en deux heures.
Le vrai pari se joue du côté de la mère. Margaret White, c’était jusqu’ici un bloc de fanatisme religieux sans nuance, une folle de Dieu qu’on regardait de loin. Flanagan la confie à Samantha Sloyan et en fait tout autre chose : une mère qui étouffe sa fille par peur, et pas seulement par cruauté. On comprend d’où elle vient, et c’est bien plus dérangeant qu’un simple monstre.
Avant ou après la série, le roman de 1974 par lequel tout a commencé reste une lecture de saison.
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L’autre bonne idée, c’est d’avoir planté l’histoire aujourd’hui. Carrie, incarnée par Summer H. Howell, grandit avec des smartphones, des camarades qui rêvent de devenir influenceuses et une humiliation qui ne reste plus dans le gymnase mais tourne en boucle sur les réseaux. Le harcèlement a changé d’échelle, le propos de King tient toujours. Autour d’elle, Matthew Lillard campe le principal du lycée, Amber Midthunder joue la prof de sport, et on croise quelques fidèles de Flanagan comme Kate Siegel et Rahul Kohli.
La critique a plutôt suivi. Autour de 72 sur Metacritic, près des trois quarts d’avis positifs, et quelques voix pour affirmer que c’est la meilleure Carrie depuis De Palma. Rien d’unanime, certains trouvent la mécanique un peu longue sur la fin, mais l’ensemble tient debout.
Si vous aimez l’horreur qui prend le temps de vous attacher aux gens avant de tout faire exploser, c’est pile le programme de la Toussaint. Prévoyez juste de ne pas enchaîner les huit épisodes d’une traite. La tension monte lentement, et c’est mieux comme ça.
Crédit photo : Prime Video
