Andy Warhol au Musée du Luxembourg, l’expo qui montre le dessinateur caché derrière la machine à sérigraphies
On connaît tous le Warhol des boîtes de soupe Campbell et des Marilyn en série, celui qui répétait à qui voulait l’entendre qu’il aurait adoré être une machine. Le Musée du Luxembourg prend le contre-pied avec « Andy Warhol. La ligne et l’image », et c’est franchement malin. Au lieu des sérigraphies ultra-connues, on y voit d’abord sa main. Le trait, le crayon, le dessin fait à la main par un type qu’on imagine plutôt en train d’appuyer sur un bouton.
Environ 150 dessins, une dizaine de peintures, des sérigraphies sur papier, des photos et une belle pile de documents d’archives. L’expo remonte jusqu’aux années 1950, quand Warhol n’était pas encore l’icône du pop art mais un illustrateur new-yorkais qui gagnait très bien sa vie à dessiner des chaussures pour la pub et les magazines de mode. C’est cette partie-là qu’on oublie toujours, et c’est peut-être la plus touchante.
Le parcours se déroule en cinq sections aux titres plutôt joueurs: Excentricités, lieux communs; Abécédaires et b.a.-ba; Visages et masques; Erotica; Enfer et merveilles. On passe du dessin de commande léger aux portraits, avec un détour par des planches plus intimes et pas souvent montrées. Le fil rouge, c’est la ligne. Chez Warhol, elle est souvent tremblée, un peu hésitante, obtenue par une technique de décalque à l’encre qui lui donnait ce côté fragile. Rien à voir avec la froideur mécanique qu’on lui colle d’habitude. L’affiche donne le ton avec un autoportrait de 1978 au visage à moitié effacé, mi-dessin mi-fantôme, bien loin des couleurs pétantes de la Factory.
Envie de prolonger la visite à la maison ? Ce petit Taschen retrace toute l’oeuvre de Warhol pour une poignée d’euros.
Warhol (Taschen) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Côté pratique, c’est au cœur du jardin du Luxembourg, dans le 6e. L’entrée est à 14 euros, 10 en tarif réduit, gratuit pour les moins de 16 ans. C’est ouvert tous les jours jusqu’au 10 janvier 2027, avec une nocturne le lundi jusqu’à 22h, bien pratique pour éviter la cohue du week-end. Comptez une petite heure, l’accrochage n’est pas gigantesque et ça se visite tranquillement.
Si vous croyez déjà tout savoir sur Warhol, c’est justement l’expo qu’il vous faut. On y découvre un artiste beaucoup plus bricoleur et manuel que sa légende de roi de la reproduction. Et puis voir 150 dessins originaux signés de sa main, à Paris, ça ne se refuse pas vraiment. Un bon prétexte pour une sortie d’automne au chaud.
Crédit photo : Musée du Luxembourg / Grand Palais Rmn
