Belmondo, le Magnifique, la Cinémathèque ressort les affiches, les costumes et les cascades de Bébel
Cinq ans après sa mort, Jean-Paul Belmondo retrouve une place qui lui va bien : les murs d’un musée. La Cinémathèque française lui consacre une grande exposition, « Belmondo, le Magnifique », du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027, rue de Bercy. Et franchement, il était temps.
On y entre comme dans une loge. Archives personnelles, affiches d’époque, costumes portés sur les tournages, photos jamais montrées : Clémentine Deroudille, qui signe le commissariat, a ratissé la vie entière d’un acteur qui a traversé un demi-siècle de cinéma français sans jamais se répéter. Le parcours remonte le fil, du gamin chahuté par ses profs jusqu’à l’icône populaire qui remplissait les salles rien qu’avec son nom sur l’affiche.
Ce qui frappe, c’est l’écart. Il y a le Belmondo de la Nouvelle Vague, celui d’« À bout de souffle » en 1960, la cigarette au coin des lèvres et Godard qui réinvente le cinéma autour de lui. Et puis il y a l’autre, le cascadeur un peu fou qui saute d’un hélicoptère dans « Peur sur la ville » ou se balade sur le toit d’une rame de métro, sans doublure, parce que c’était plus drôle comme ça. Deux carrières dans une seule, l’auteur et le forain, et il n’a jamais choisi.
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L’expo joue là-dessus, et c’est tout son intérêt. On passe des tournages avec Truffaut, Melville et Resnais aux grosses machines populaires des années 80, « L’As des as », « Le Professionnel », celles que la critique snobait et que le public adorait. Belmondo s’en fichait royalement. Il voulait qu’on s’amuse, et ça se voit sur chaque cliché.
À côté, la Cinémathèque déroule une rétrospective de trente-cinq films dans ses salles. C’est là que ça devient vraiment précieux : revoir « Pierrot le Fou » ou « L’Homme de Rio » sur grand écran, dans une vraie copie, ça n’a rien à voir avec un visionnage sur le canapé un dimanche soir.
Pour qui aime le cinéma français, celui qui ose être à la fois intello et populaire, c’est la sortie de l’automne. Comptez une bonne heure et demie pour l’expo, un peu plus si vous enchaînez avec une projection. Bercy est à deux pas, lignes 6 et 14. Et prévoyez de ressortir avec l’envie de revoir toute sa filmo.
Crédit photo : Cinémathèque française
