Le kaki, ce fruit d’automne qu’on a tous recraché une fois faute de savoir le choisir

Il y a deux catégories de gens. Ceux qui adorent le kaki, et ceux qui ont croqué dedans trop tôt, un jour, et qui en gardent un souvenir épouvantable. Cette sensation de bouche en coton, cette langue qui se rétracte comme si on venait de lécher du carton humide. Bonne nouvelle, ce n’était pas le fruit le problème. C’était juste le mauvais kaki au mauvais moment.

Le kaki, ou plaqueminier de son nom d’arbre, c’est le fruit de l’automne par excellence. Il arrive sur les étals en octobre, tient jusqu’en janvier, avec un pic de qualité en novembre et décembre, pile quand le reste de la corbeille commence à se faire triste. Ces grosses boules orange un peu translucides, c’est lui.

Toute la subtilité tient dans la variété. D’un côté le Fuyu, rond et légèrement aplati façon tomate, qu’on mange ferme et croquant comme une pomme. Celui-là, pas de piège, vous le tranchez et vous le dévorez tel quel, sans attendre. De l’autre le Hachiya, plus allongé, qui lui reste bourré de tanins tant qu’il n’est pas carrément blet. Il faut le laisser mûrir jusqu’à ce qu’il devienne presque liquide à l’intérieur, une sorte de confiture naturelle qu’on mange à la cuillère. Croquez-le trop tôt et c’est la fameuse bouche en coton assurée.

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Le truc à retenir, du coup, c’est de demander au primeur lequel vous avez entre les mains. Un Fuyu ferme, vous foncez. Un kaki plus mou et fragile, vous patientez quelques jours sur la table de la cuisine, à côté d’une pomme ou d’une banane qui accéléreront les choses.

Niveau santé, c’est franchement un bon client. Le kaki fait partie des fruits les plus riches en bêta-carotène, avec en prime une bonne dose de vitamine C, des fibres, du potassium et des antioxydants. De quoi tenir le coup quand les journées raccourcissent et que tout le monde renifle au bureau.

En cuisine il se débrouille très bien partout. Nature, coupé en lamelles dans une salade avec de la roquette et quelques copeaux de parmesan, en tranches sur une tartine de fromage frais, ou carrément en version sucrée dans un crumble. Et si vous n’avez jamais retenté le coup depuis cette fameuse mésaventure, c’est peut-être le moment de lui redonner sa chance. Choisissez juste le bon.

Crédit photo : Illustration générée par IA