Mary Cassatt revient à Orsay cent ans après sa mort, et la seule Américaine des impressionnistes a enfin droit à sa grande rétrospective

Mary Cassatt revient à Orsay cent ans après sa mort, et la seule Américaine des impressionnistes a enfin droit à sa grande rétrospective

Il aura fallu attendre 2026. Mary Cassatt, née en Pennsylvanie en 1844, a passé presque toute sa vie d’artiste à Paris, exposé aux côtés de Monet, Pissarro et Degas, et pourtant la France ne lui avait jamais offert de vraie rétrospective. C’est réparé. Le musée d’Orsay lui ouvre ses salles du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027, pile pour le centenaire de sa disparition.

Le titre de l’expo dit déjà beaucoup: « Mary Cassatt, l’indépendante ». Fille d’un banquier aisé, elle aurait pu se contenter d’un beau mariage et d’une vie bien rangée. Elle a choisi la peinture, l’Europe, et surtout le droit de ne rendre de comptes à personne. Arrivée à Paris en 1873, recalée au Salon officiel, elle rejoint la bande des impressionnistes et devient la seule Américaine à exposer avec eux.

Sa rencontre avec Degas change tout. Il la pousse vers le pastel et la gravure, l’intègre à son cercle, la bouscule pas mal aussi. De cette amitié un peu rugueuse sortent quelques-unes de ses plus belles estampes, inspirées des images japonaises qui faisaient fureur à l’époque.

Mary Cassatt, au cœur de l'impressionnisme

Pour prolonger la visite, le beau livre de Laurent Manœuvre retrace toute la carrière de Cassatt, de Pennsylvanie jusqu’au cœur de l’impressionnisme parisien.

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On la range souvent dans la case « peintre des mères et des enfants », et c’est vrai qu’elle en a fait son grand sujet à partir des années 1890. Sauf que voilà, réduire Cassatt à des scènes attendrissantes, c’est passer à côté. Ses femmes lisent, prennent le thé, se regardent dans un miroir, vivent leur vie sans poser pour le spectateur. Il y a là un regard moderne, presque frontal, qui tranche avec la mièvrerie qu’on lui a parfois collée sur le dos.

Orsay réunit environ 80 œuvres, huiles, pastels et gravures, pour raconter ce parcours d’indépendante. L’expo s’inscrit dans les 40 ans du musée, autant dire qu’ils ont mis les moyens. Pour nous, public un brin anglophile, c’est aussi l’occasion de redécouvrir une Américaine qui a aimé la France au point d’y rester jusqu’au bout, même après être devenue aveugle vers 1914.

Si vous aimez l’impressionnisme mais que vous commencez à tourner en rond entre Monet et Renoir, c’est exactement la respiration qu’il vous faut. Comptez une bonne heure, évitez le samedi après-midi, et prenez votre billet à l’avance: vu le timing du centenaire, ça risque de se remplir vite.

Crédit photo : Mary Cassatt / Wikimedia Commons (domaine public)