Le Contraire de la pudeur, le premier roman de Bethsabée Krivoshey qui vous replonge dans l’adolescence là où ça fait mal

Il y a des premiers romans qui arrivent sans faire de bruit et qui vous restent sur l’estomac plusieurs jours. Le Contraire de la pudeur, paru chez Plon le 20 août, fait partie de ceux-là.

Bethsabée Krivoshey, née à Paris en 1985, ancienne journaliste, signe là son tout premier livre. Et elle attaque fort, avec un sujet qu’on croit connaître par cœur et qu’elle réussit pourtant à rendre neuf : l’adolescence.

L’héroïne s’appelle Élisheva, Éli pour les intimes. Elle a 15 ans, on est en 2000, et ses parents l’envoient en pension. Vous voyez le tableau : les amitiés qui se nouent en une nuit, la sororité qui protège, les rumeurs qui détruisent, les alliances qui se retournent. Sauf que voilà, la vraie bascule n’est pas là. En pleine année, sa mère meurt d’un cancer. Et tout ce petit théâtre de dortoir prend soudain un poids que personne à cet âge n’est censé porter.

Ce qui frappe, c’est la justesse. Krivoshey ne triche pas avec cet âge où tout se vit à vif, où la moindre émotion est démesurée parce qu’on n’a pas encore appris à faire semblant. Le titre dit bien ce qu’il veut dire : à 15 ans, la pudeur, on ne connaît pas, on se jette dans les excès parce que vivre pleinement devient une question de survie.

Le Contraire de la pudeur (Plon)

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C’est court, 256 pages, ça se lit vite, mais ne vous fiez pas au format. Le livre creuse en profondeur cette année charnière où on quitte l’enfance sans vraiment entrer dans l’âge adulte, juste en encaissant.

Pour qui c’est, du coup ? Pour celles et ceux qui aiment les romans d’apprentissage sincères, sans nostalgie sirupeuse ni pathos appuyé. Si vous avez aimé les récits d’adolescence à fleur de peau, genre Annie Ernaux en plus romanesque, vous êtes au bon endroit. Et si vous fuyez d’habitude les histoires de deuil parce que c’est plombant, celle-ci mérite quand même une exception : elle parle surtout de vitalité, de cette envie de vivre qui monte justement quand la mort rôde dans le décor.

Comptez 21 euros en grand format, 7,49 en numérique. Pour un premier roman de cette tenue, franchement, c’est un bon pari de rentrée.

Crédit photo : Plon