Le musée de la mode fête ses quarante ans avec quarante silhouettes, et le plus intéressant se cache dans les coulisses

Le 30 septembre, le Musée des Arts décoratifs sort le grand jeu. L’occasion, c’est les quarante ans du Musée des Arts de la mode, né en 1986 dans les murs de la rue de Rivoli. Pour marquer le coup, l’institution a choisi quarante silhouettes iconiques et les fait dialoguer jusqu’au 4 avril 2027, sous un titre qui claque : « Look ! 40 ans de mode au musée ».

On pourrait croire à un simple défilé de vitrines. C’est autre chose. Bénédicte Gady, qui dirige les musées, et Sophie Lemahieu, conservatrice des collections mode et textile après 1947, ont bâti un parcours qui remonte tout le fil. Du premier croquis au défilé, en passant par la photographie de mode, l’atelier de couture, puis la conservation et la restauration une fois la pièce entrée dans les collections. Résultat, on vous montre le vêtement, mais aussi les mains qui l’ont pensé, cousu, sauvé.

C’est là que ça devient vraiment intéressant. On regarde souvent la mode comme une histoire de podium et de photos glacées. Sauf que derrière chaque robe qui traverse les décennies, il y a des gens dont on ne cite jamais le nom : les artisans de la mémoire, ceux qui empêchent une soie de 1987 de tomber en poussière. L’expo leur donne enfin la vedette, et franchement c’était pas du luxe.

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Le fonds vient en grande partie du don de l’Union française des arts du costume, l’Ufac, cette association qui a passé des décennies à collectionner robes, accessoires et documents avant de tout confier au musée. Quarante ans plus tard, ça donne l’une des plus belles collections de mode au monde, et une matière énorme dans laquelle piocher.

Pour qui c’est ? Pour les passionnés de couture, évidemment. Mais aussi pour ceux que la mode agace un peu, qui la trouvent superficielle. Voir le travail invisible derrière une silhouette, ça change souvent le regard. Comptez une bonne heure et demie sur place, au 107 rue de Rivoli, dans le premier arrondissement.

Si vous passez par Paris cet automne ou cet hiver, calez-la entre deux balades. Elle tient jusqu’au printemps, donc pas la peine de courir. Mais bon, autant y aller quand la scénographie est flambant neuve et les collections fraîchement accrochées.

Crédit photo : Musée des Arts décoratifs