Porto a donné son nom à un vin, à une langue et même à un pays entier

On visite Porto pour son vin et ses ponts, et on repart avec une info qui recale toute la géographie. Le nom du Portugal vient de là. Les Romains avaient posé un comptoir à l’embouchure du Douro, Portus Cale, le port et la rive d’en face. Au fil des siècles, Portus Cale est devenu Portucale, puis Portugal. Une ville de 230 000 habitants a fini par baptiser un pays de dix millions d’âmes. Pas mal, pour un port.

Le cœur, c’est la Ribeira, ce quartier qui dégringole vers le fleuve en ruelles pentues, façades carrelées et linge aux fenêtres. En bas, le Douro. Au-dessus, le pont Dom-Luís, cette double arche métallique qu’on croirait signée Eiffel. Presque : elle est l’œuvre de Théophile Seyrig, un ancien associé du bonhomme. On emprunte le tablier supérieur avec le métro, une vue qui coupe les jambes, et celui du bas à pied ou en voiture.

Traversez, justement. De l’autre côté du fleuve, ce n’est plus Porto mais Vila Nova de Gaia, et c’est là que dorment les caves de porto. Le vin naît dans la vallée du Douro, en amont, mais c’est ici qu’on le vieillit, qu’on l’assemble et qu’on l’expédie depuis des siècles. D’où le nom. Un verre de tawny en fin de journée, avec les toits de Porto en face qui rosissent, ça se refuse difficilement.

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Reste la ville et ses azulejos, ces carreaux bleu et blanc qui tapissent des églises entières et surtout le hall de la gare São Bento, où vingt mille pièces racontent l’histoire du pays sur les murs. On entre pour prendre un train, on ressort trente minutes plus tard sans avoir bougé.

Et puis il y a la Livraria Lello, librairie de 1906, escalier rouge sinueux, vitraux, plafond sculpté. Elle est si belle qu’on fait payer l’entrée pour endiguer la foule, ticket déductible d’un achat. Allez-y tôt, avant les groupes.

Porto se fait à pied, en trois ou quatre jours, sans se presser. C’est une ville qui monte et qui descend en permanence, donc oubliez les jolies chaussures et prévoyez les mollets. Le reste, elle s’en charge : la lumière sur le fleuve, l’odeur des cantines à francesinha, le vin sucré au coucher du soleil. On comprend vite pourquoi un pays a voulu porter son nom.

Crédit photo : Thomas Dahlmann (CC BY-SA 4.0)