Vingt-cinq ans après son premier roman, Philippe Besson raconte tout ce qui l’a précédé

Philippe Besson vient de publier « La première phrase du premier livre » chez Julliard, dans la rentrée littéraire du 3 septembre. Le titre dit exactement ce qu’il contient. Pas l’après du succès, non. L’avant. Tout ce qui vient avant qu’on ose écrire une première ligne.

Besson remonte donc aux années 1970, à une enfance rurale, à une adolescence qui cherche sa place, puis à l’arrivée à Paris. Trois décennies, jusqu’au bord des années 2000, moment où sort « En l’absence des hommes », son premier roman, en 2001. Vingt-cinq ans déjà. L’éditeur parle d’une « autobiographie collective », et pour une fois la formule tient, parce que Besson ne se contente pas de sa propre histoire.

Il fait passer derrière son parcours toute une époque. L’épidémie du sida, qui lui a arraché des proches. La fin de la Guerre froide. Cette drôle de sensation de fin de siècle, l’an 2000 qui approche comme une promesse floue. On lit sa jeunesse et on relit un peu la nôtre, ou celle de nos parents, selon l’âge qu’on a.

Ce qui frappe, c’est le rythme de l’homme. Ce livre arrive neuf mois seulement après « Une pension en Italie », paru en janvier. Besson écrit vite, beaucoup, et pourtant il ne donne jamais l’impression de bâcler. 240 pages, 21 euros, et une préface d’Arnaud Cathrine accompagne la réédition en poche de son tout premier roman. Manière élégante de boucler la boucle.

La première phrase du premier livre — Philippe Besson (Julliard)

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Faut-il l’avoir lu avant ? Non, c’est même l’inverse. Ce récit fonctionne comme une porte d’entrée dans toute l’œuvre, une façon de comprendre d’où viennent ses obsessions, l’absence, le désir, les silences de famille, la province qu’on quitte sans jamais vraiment la quitter.

Alors oui, on connaît la petite musique de Besson, ce mélange de pudeur et d’aveu, et certains lui reprochent d’y revenir toujours. Sauf que voilà, ici la mécanique sonne juste. Quand un auteur raconte comment il est devenu écrivain, le risque de nombrilisme n’est jamais loin. Besson l’évite en gardant les yeux sur l’époque autant que sur lui.

À lire si vous aimez les récits d’apprentissage, les histoires de vocation, ou simplement les phrases qui prennent leur temps. Et si vous ne connaissez pas encore Besson, franchement, c’est un bon endroit pour commencer.

Crédit photo : Julliard