Last Seen, la série Apple TV où un père reçoit l’appel de sa fille disparue onze ans plus tôt

Ian Ridley était flic. Aujourd’hui il répond au téléphone dans un commissariat, il pointe, il encaisse. Un soir d’orage, une voix passe dans son casque et il jurerait que c’est Maggie, sa fille, évaporée sans laisser de trace onze ans plus tôt. À partir de là, il n’écoute plus personne. Ni sa hiérarchie, ni sa sobriété durement reconquise.

C’est le point de départ de Last Seen, thriller australien en six épisodes arrivé mondialement sur Apple TV le 9 septembre, avec un nouvel épisode chaque mercredi.

Patrick Brammall porte la série sur ses épaules, et il le fait remarquablement. Son Ridley est attachant et pathétique à la fois, un homme qu’on suit alors même qu’il enchaîne les décisions désastreuses. La piste le mène jusqu’à une ferme isolée où vit un couple retranché du monde, Henry et Jenna, campés par Brendan Cowell et Maxine Peake, avec leur fille adolescente Sarah. Chloe Jean Lourdes, pour ses tout premiers pas d’actrice, y trouve un rôle qui marque.

Ce qui distingue Last Seen, c’est son refus des règles du genre. On s’attend à un compte à rebours haletant, à des rebondissements gardés au chaud pour la dernière minute. La série fait l’inverse. Elle lâche ses grandes révélations très tôt, presque sans prévenir, et préfère creuser le deuil, la culpabilité et la façon dont un seul drame contamine plusieurs familles à la fois. C’est moins un thriller qu’une étude de personnages qui avance à son rythme.

The Dispatcher, le roman de Ryan David Jahn

La série est adaptée de ce thriller signé Ryan David Jahn, si vous voulez remonter à la source.

The Dispatcher, le roman de Ryan David Jahn → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Un rythme qui a d’ailleurs son revers. Un gros épisode en flash-back, vers la fin de saison, casse un peu l’élan. On comprend l’intention, ancrer le présent dans le passé, mais le soufflé retombe le temps de ce détour avant de repartir de plus belle.

Le décor compte aussi beaucoup. Tout a été tourné dans l’État de Victoria, en Australie, et ces paysages rudes donnent au récit une texture particulière, entre nature écrasante et huis clos poisseux. L’ensemble est adapté par Kris Mrksa d’un roman de Ryan David Jahn.

Pour qui c’est, du coup ? Pour vous si vous aimez les drames psychologiques lents, ceux qui préfèrent la fêlure des gens aux twists mécaniques. Si vous cherchez de l’action à toute berzingue, passez votre chemin. Six épisodes, une histoire de père qui refuse le deuil, et une gamine disparue dont on n’ose pas espérer qu’elle décroche vraiment le téléphone. Moi, ça m’a happé.

Crédit photo : Apple TV