Billie Melody, le film où une ado de 14 ans encaisse la mort de son père à coups de musique

Roschdy Zem au générique, une gamine de 14 ans et une guitare pour recoller les morceaux : voilà ce que propose Billie Melody, en salles depuis ce 9 septembre. Un premier long métrage signé Christine Paillard, qui l’a co-écrit avec Chad Chenouga, et qui tient en 1h40 sans jamais forcer sur le pathos.

Le point de départ est brutal. Billie a 14 ans, son père vient de mourir dans un accident aux circonstances troubles, et la voilà qui débarque dans une nouvelle ville avec sa mère et son frère. Un déménagement pareil à cet âge, c’est déjà compliqué. Ajoutez un deuil et des tensions familiales qui remontent d’un coup à la surface, et vous obtenez le genre de situation où une ado peut vite se refermer complètement.

Sauf que Billie, elle, se raccroche à la musique. C’est le fil qui la relie encore à son père, et c’est là que le film trouve sa vraie matière. Pas de leçon de vie appuyée, pas de grande envolée orchestrale. Juste une gamine qui rejoue des morceaux, qui fait de nouvelles rencontres et qui réapprend à respirer par ce qu’elle entend et ce qu’elle joue.

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Bonnie Bouriche Troutaud tient le rôle-titre, entourée de Roschdy Zem et de Julia Faure. On connaît la capacité de Zem à porter des personnages abîmés sans en faire trois tonnes, et sur le papier, ce casting a de quoi rassurer pour un film qui aurait pu basculer dans le mélo à la moindre fausse note.

Le plus intéressant, c’est cet angle-là : la musique comme langue de secours quand les mots ne suffisent plus. Un thème casse-gueule, souvent traité avec de gros sabots au cinéma, et qu’on espère voir manié ici avec un peu plus de finesse. Tout laisse deviner un film sensible, du côté de la chronique intime plutôt que du drame spectaculaire.

Pour qui c’est ? Pour celles et ceux qui aiment les films français à hauteur d’ado, ceux qui prennent le temps d’installer une émotion sans la surligner. Si vous avez aimé les récits de reconstruction où un instrument compte autant qu’un dialogue, celui-là mérite un coup d’œil. Et puis franchement, voir un premier film prendre ce risque plutôt que de jouer la sécurité, ça donne envie de pousser la porte du cinéma.

Crédit photo : The Jokers