Arthur Harari passe dans le corps d’une inconnue et signe le film le plus troublant de la rentrée

David Zimmerman est photographe, sauf que personne ne le sait. La quarantaine solitaire, il se laisse traîner à une fête un soir, repère une femme dans la foule, la suit, passe la nuit avec elle. Au réveil, catastrophe : il est dans le corps de l’inconnue. Voilà le point de départ de L’Inconnue, qui sort en salles ce 26 août, et je vous préviens tout de suite, ce n’est pas le petit film de fin d’été qu’on regarde d’un œil.

Derrière la caméra, il y a Arthur Harari. Le nom ne vous dit peut-être rien, pourtant vous connaissez son travail : c’est lui qui a co-écrit Anatomie d’une chute avec Justine Triet, la Palme d’or 2023, celle qui lui a valu un Oscar du scénario. Comme réalisateur, il avait déjà signé Onoda, cette fresque folle sur un soldat japonais qui refuse de croire à la fin de la guerre. Autant dire qu’on ne part pas de rien.

Cette fois il adapte librement Le Cas David Zimmerman, une bande dessinée co-écrite avec son frère Lucas. Sur le papier, l’histoire du corps échangé pourrait virer à la comédie facile, du genre qu’on a déjà vu cent fois. Sauf que Harari en fait tout autre chose : un vertige sur l’identité, le désir, ce que ça veut dire d’habiter un corps qui n’est pas le sien. Léa Seydoux et Niels Schneider se partagent les rôles, et de ce que la presse en dit depuis Cannes, ils sont assez bluffants dans cet exercice tordu où chacun doit jouer l’autre.

Le cas David Zimmerman (BD)

La bande dessinée des frères Harari dont le film est adapté, si l’histoire vous happe :

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Parce que oui, le film était en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, et il en est ressorti avec une réputation de sommet du genre. Original, ambitieux, un peu dérangeant, exactement le contraire d’un blockbuster balisé.

Ce n’est clairement pas une séance pour se vider la tête. C’est un film à voir éveillé, prêt à se laisser embarquer dans quelque chose qui n’a pas envie de vous rassurer. Si vous avez aimé la tension d’Anatomie d’une chute, ou simplement si vous cherchez du cinéma français qui ose encore, foncez. Deux heures un peu inconfortables, mais du genre dont on reparle longtemps après en sortant de la salle.

Crédit photo : AlloCiné