Le judo, ce sport où on passe la première année à apprendre à tomber
La première chose qu’on vous apprend au judo, ce n’est pas à envoyer quelqu’un valser. C’est à tomber sans vous faire mal. Les chutes, le fameux ukemi, on les répète des dizaines de fois avant même de toucher un adversaire. Ça paraît décevant quand on arrive plein d’énergie, prêt à imiter les grands du dimanche. Sauf que voilà, c’est probablement le geste le plus utile que vous emporterez hors du tatami.
Le judo, c’est Jigoro Kano qui l’a inventé à Tokyo en 1882, au Kodokan. L’idée de départ n’était pas de casser du monde mais de canaliser, de discipliner, de faire du corps un truc qu’on maîtrise. D’où le système de ceintures de couleur, les kyu, qui balisent la progression jusqu’à la noire. Et pour la noire, justement, il faut compter six à huit ans pour un pratiquant régulier. Autant vous le dire tout de suite : personne ne devient ceinture noire en un hiver.
Bonne nouvelle par contre, on peut très bien s’y mettre adulte, voire senior. Deux à trois entraînements par semaine suffisent largement pour débuter, et les clubs adaptent la charge à ce que votre corps encaisse. Vous n’êtes pas obligé d’avoir vingt ans et une souplesse de gymnaste. L’étude nationale de France Judo publiée en 2025 est d’ailleurs assez parlante : 73 % des pratiquants se sentent en meilleure forme physique depuis qu’ils font du judo, et le chiffre grimpe à 79 % chez les 30-45 ans.
Si l’envie de pousser la porte d’un club se confirme, il vous faudra un vrai judogi qui tienne le coup aux projections :
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Là où ça devient vraiment intéressant, c’est sur le long terme. Après douze mois de pratique, la flexion de hanche s’améliore en moyenne de 15 à 20 % chez les débutants adultes. Et cette histoire de savoir tomber, elle ne sert pas qu’au dojo : une étude japonaise de 2019 menée sur 1 200 seniors pratiquant un judo adapté a mesuré 40 % de chutes avec blessure en moins par rapport au groupe témoin. Apprendre à s’écrouler proprement, ça évite les cols du fémur. Rien que ça.
Si vous voulez mon avis, c’est un sport idéal quand on cherche à bouger sans se ruiner les articulations et qu’on aime autant l’effort que le respect qui va avec. On y transpire, on y réfléchit, et on ressort du cours étrangement calme. Le seul vrai obstacle, c’est de pousser la porte du club la première fois. Après, on y retourne.
Crédit photo : Illustration générée par IA
