Saint Levant sort AFANDI et ressuscite le gentleman arabe des années 50 pour le faire danser
Vous ne le connaissez peut-être pas encore, mais retenez le nom : Saint Levant. Franco-palestinien, une partie de l’enfance passée à Gaza avant l’exil, il chante en arabe, en français et en anglais dans une même chanson sans que ça sonne jamais forcé. Et depuis aujourd’hui, il a un deuxième album dans les bacs, AFANDI, qui sort pile pour lancer sa tournée mondiale.
Le concept, il vaut mieux le connaître pour bien écouter le disque. Un afandi, dans le monde arabe d’avant, c’était le monsieur tiré à quatre épingles, cultivé, raffiné, celui qui en imposait sans jamais hausser la voix. Saint Levant récupère cette figure un peu oubliée et la remet au centre du jeu, façon héros de son propre film.
Musicalement, il ne joue pas la carte de la nostalgie poussiéreuse. Il pioche dans l’âge d’or de la pop arabe, du côté des géants comme George Wassouf ou Kadim Al Saher, et il fait passer tout ça dans quelque chose de moderne, dansant, taillé pour la scène. C’est chaleureux, un peu solaire, avec cette voix qui glisse d’une langue à l’autre sans prévenir.
Pour faire tourner AFANDI (et Deira) à la maison sans monter une chaîne hi-fi, cette petite Marshall a le son chaleureux et le look qui vont bien avec.
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Ce qui est malin, c’est qu’il ne s’arrête pas au disque. La tournée s’appelle Layali Al Afandi, littéralement les nuits de l’afandi, et c’est pensé comme un vrai spectacle plus qu’un simple concert. Il s’inspire des cabarets levantins des années 90, de l’ambiance des nuits de Beyrouth, avec de la mise en scène, du récit, des décors. Bref, une soirée entière plutôt qu’une succession de morceaux.
Pour qui c’est ? Pour vous, si vous aimez quand la pop voyage et mélange les cultures sans se contenter du featuring de circonstance. Il y a un côté crooner assumé, une élégance qui tranche avec la production formatée qu’on entend partout. Et puis c’est rare, une musique qui vous fait bouger tout en vous racontant d’où elle vient.
Mon conseil : commencez par son premier album, Deira, sorti il y a deux ans, histoire de comprendre le personnage avant de plonger dans AFANDI. Vous verrez, ça s’écoute très bien un dimanche matin comme à minuit passé. Et si la tournée passe près de chez vous, foncez, parce que sur scène le bonhomme a visiblement décidé de tout donner.
Crédit photo : Matt Hrkac (CC BY 4.0)
