Netflix laisse enfin Mourinho parler, et le coach le plus clivant du foot en profite pour plaider sa cause
Depuis quelques jours, Netflix propose « I Am José Mourinho », trois épisodes tournés sur deux ans avec le « Special One » en personne. Autant vous le dire tout de suite : si vous détestez le bonhomme, ce documentaire ne va probablement pas vous réconcilier avec lui. Et si vous l’adorez, vous allez l’adorer encore plus. C’est un peu tout le problème, et tout l’intérêt.
Le principe est simple. On suit Mourinho qui se raconte, revient sur ses titres, ses clashs, ses années Porto, Chelsea, l’Inter, le Real, et surtout sur cette manie de se mettre le monde entier à dos. Le réalisateur, Joe Pearlman, n’est pas un habitué du ballon rond : on lui doit surtout le très joli « Lewis Capaldi: How I’m Feeling Now ». Ça se sent. Il filme moins un palmarès qu’un personnage, avec ses failles, son besoin d’être aimé, sa paranoïa assumée.
Là où ça devient vraiment intéressant, c’est le casting des témoins. Drogba, Lampard, John Terry, Zlatan, Casillas, Eto’o, Zanetti, Marcelo, et même Sir Alex Ferguson viennent parler de lui. Quand des joueurs de ce niveau prennent le temps de raconter un entraîneur, c’est qu’il a laissé une trace. Certains l’aiment comme un père, d’autres gardent visiblement une dent. Les deux versions cohabitent, et le doc a l’intelligence de ne pas trancher à leur place.
Envie de creuser le personnage après le documentaire ? Cette biographie signée Nicolas Vilas remonte à la genèse du Special One, à partir de dizaines de témoignages.
Mourinho, derrière le Special One → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le producteur, John Battsek, connaît la musique : on lui doit « WHAM! » et « The Deepest Breath », deux docs qui savaient raconter une histoire sans endormir personne. Même recette ici. Ça file, c’est monté serré, et les trois épisodes passent vite, même si la tactique vous laisse de marbre.
Alors bien sûr, il faut garder une chose en tête : c’est Mourinho qui tient le micro. On est plus près du plaidoyer que de l’enquête, et les zones d’ombre restent un peu dans l’ombre. Mais bon, personne ne regarde ça pour un procès. On regarde ça pour comprendre ce qui se passe dans la tête d’un type capable de gagner partout et de se faire virer partout.
Si vous aimez le foot, foncez. Et si le foot vous laisse froid, regardez quand même : c’est d’abord un portrait, celui d’un mégalo génial qui a fait de la provocation un art. Pour ça, ça vaut largement trois heures de votre week-end.
Crédit photo : Netflix News
