À 23 ans, Nelio Biedermann signe la grosse saga hongroise de la rentrée, et vingt pays se l’arrachent déjà
Il a 23 ans, il a grandi au bord du lac de Zurich, et il débarque en France avec un pavé qui traverse un demi-siècle d’histoire européenne. Nelio Biedermann publie « Lázár » chez Belfond le 20 août, et le livre est déjà devenu un petit phénomène bien avant sa sortie chez nous.
L’histoire, c’est celle des Lázár, une famille de l’aristocratie hongroise liée aux Habsbourg. Ça démarre à la naissance de Lajos von Lázár, un gamin à la peau translucide, quelque part au tournant du XXe siècle. Et ça ne s’arrête plus. On suit la lignée sur plus de cinquante ans, pendant que l’Empire austro-hongrois s’effondre, que les guerres passent, que le fascisme puis l’occupation soviétique s’installent, jusqu’au soulèvement de Budapest en 1956.
Sauf que Biedermann ne se contente pas de la grande fresque historique classique. Il glisse des éléments franchement fantastiques au milieu du récit, cette peau translucide n’étant que le début. La grande Histoire d’un côté, le conte de l’autre, les deux qui se mélangent sans prévenir.
Le roman dont tout le monde parle, disponible dès sa sortie :
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Le plus étonnant reste peut-être l’histoire derrière l’histoire. Biedermann est né en 2003. Sa noblesse hongroise, il la tient de son père, et ses grands-parents ont fui vers la Suisse dans les années 50. Il ne l’a donc pas vécue, cette Hongrie-là, il l’a reconstruite de toutes pièces. Et ça a suffi pour que, autour de la Foire du livre de Francfort en 2024, une vingtaine d’éditeurs à travers le monde se jettent dessus, des États-Unis à la Pologne en passant par l’Espagne et la République tchèque.
La version française arrive donc traduite par Rose Labourie, 352 pages, 23 euros. Format saga qui se dévore l’après-midi, sur une chaise longue ou dans le train, avec ce plaisir un peu coupable des grandes histoires de famille qui s’étalent sur plusieurs générations.
Alors oui, on peut lever un sourcil devant le battage autour d’un auteur aussi jeune. C’est de bonne guerre. Mais la promesse d’un roman ample, romanesque, qui prend le temps de raconter une Europe disparue tout en s’autorisant un grain de folie, ça donne quand même sacrément envie. Si vous cherchez le gros roman de l’été finissant, celui qu’on n’a pas envie de reposer, il y a de fortes chances qu’il soit là.
Crédit photo : Belfond
