La mirabelle de Lorraine ne tient que six semaines, alors c’est maintenant qu’il faut s’y mettre

Il y a des fruits qu’on peut attendre toute l’année, et il y a la mirabelle. Petite, dorée, sucrée à en devenir presque sirupeuse, elle arrive à la mi-août et repart fin septembre, et si vous ratez la fenêtre, c’est fini, retour dans douze mois. Six semaines, pas plus. Autant dire que la saison vient tout juste de démarrer et qu’il n’y a pas de temps à perdre.

La Lorraine en a fait quasiment une religion, et pour de bonnes raisons. La région concentre l’énorme majorité de la production, autour de 70 % du total mondial selon les années, avec plus de 200 producteurs et quelque 400 000 arbres qui portent le fameux petit fruit. Depuis 1996, la mirabelle de Lorraine a même son IGP, cette indication géographique qui garantit qu’elle vient bien de là et pas d’un verger anonyme à l’autre bout de l’Europe.

La récolte, elle, a gardé un côté brut plutôt réjouissant. On secoue littéralement l’arbre, mécaniquement aujourd’hui, et les fruits mûrs tombent sur une grande toile tendue au sol. Rien de très romantique sur le papier, sauf que le résultat sent bon la fin d’été.

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Et puis il y a la tarte. Parce que soyons clairs, la mirabelle se mange très bien crue, gorgée de soleil, mais c’est en tarte qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Une pâte brisée, les mirabelles coupées en deux et dénoyautées, posées serrées côté bombé vers le bas pour qu’elles ne rendent pas trop de jus, un peu de sucre, et au four. Le vrai bon réflexe, c’est d’étaler une fine couche de poudre d’amandes ou de semoule au fond, histoire d’absorber le jus et d’éviter la pâte détrempée. Pas besoin de plus. Le fruit fait le boulot tout seul.

Le seul piège, c’est la maturité. Une mirabelle cueillie trop tôt reste acide et sans grand intérêt, trop tard elle s’écrase entre les doigts. Le bon moment, c’est quand la peau se couvre de petites taches de rousseur et que le fruit se détache presque de lui-même. À l’achat, fiez-vous à l’odeur plutôt qu’à l’œil.

Donc voilà, si vous croisez des cagettes de mirabelles ces jours-ci, ne réfléchissez pas trop. Prenez-en un kilo, faites la tarte le soir même, et gardez le reste pour les grignoter à la main devant une série. Dans six semaines, vous regretterez de ne pas l’avoir fait.

Crédit photo : Illustration générée par IA