Jack White balance un septième album en plein été, et c’est du rock qui cogne sans prévenir
Il y a des disques qu’on lance par curiosité et d’autres qu’on relance trois fois dans la même journée. Frozen Charlotte est du deuxième genre.
Sorti le 10 juillet chez Third Man Records, c’est le septième album solo de Jack White, l’ancienne moitié des White Stripes. Il l’a produit tout seul, enregistré dans son propre studio à Nashville, et ça s’entend. Le son est brut, direct, un peu sale par endroits. On dirait presque qu’il a appuyé sur enregistrer sans trop réfléchir, sauf que voilà, tout est calé au millimètre.
L’album arrive deux ans après No Name, ce disque qu’il avait glissé sans prévenir dans les sacs des clients de ses boutiques. Cette fois, pas de mystère. Trois singles ont ouvert la route, G.O.D. and the Broken Ribs, Derecho Demonico et Dollar Bill. Le premier vous prend à la gorge dès les premières secondes. Le dernier a un groove sale qui donne envie de conduire trop vite.
Ce qui frappe, c’est l’énergie. À bientôt cinquante ans, White joue encore comme un gamin qui vient de brancher sa première pédale de distorsion. Les guitares mordent, la batterie tape fort, et sa voix part parfois dans des aigus improbables. Il s’amuse, et ça s’entend. Il a même donné un titre alternatif rigolo au projet, Frozen Charlatan, histoire de ne pas se prendre trop au sérieux.
Pour l’écouter comme il se doit, l’album existe en vinyle et en CD :
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Côté chiffres, ça a plutôt bien marché. Numéro un des ventes d’albums indépendants aux États-Unis, trente-deuxième du Billboard 200, vingt-neuvième au Royaume-Uni. Pas un raz-de-marée commercial, mais une belle place pour du rock qui refuse les codes de la pop d’aujourd’hui.
Alors non, ce n’est pas un disque pour tout le monde. Si vous cherchez des mélodies lisses et des refrains à chanter en voiture avec les enfants, passez votre chemin. Par contre, si le rock qui gratte, qui grince et qui vous secoue vous manque un peu ces temps-ci, foncez. Mettez-le fort, dans un casque ou sur une bonne enceinte.
C’est le genre d’album qui rappelle pourquoi une guitare électrique, quand quelqu’un sait vraiment s’en servir, c’est encore une des plus belles inventions du vingtième siècle. À écouter cet été, la fenêtre grande ouverte.
Crédit photo : Third Man Records
