Netflix ressort l’enquête de Lockerbie en six épisodes, celle qui a mis des années à coincer un coupable
Le 21 décembre 1988, un Boeing de la Pan Am explose au-dessus d’un petit bourg écossais qui dormait tranquille. 270 morts, dont onze habitants de Lockerbie tués au sol par la carlingue en feu. C’est de là que part The Bombing of Pan Am 103, la mini-série que Netflix met en ligne dans le monde entier le 30 juillet, un an après sa première diffusion sur la BBC.
Six épisodes, coproduits par la BBC et Netflix. Le pari n’est pas de rejouer la catastrophe en boucle, mais de suivre ce qui vient après. L’enquête, la plus longue et la plus emmêlée de l’histoire criminelle britannique. Des policiers écossais et des agents américains qui reconstituent un avion entier à partir de débris éparpillés sur des kilomètres de collines, jusqu’à ce fragment de minuteur pas plus gros qu’un ongle qui va tout faire basculer.
Au casting, quelques têtes que vous reconnaîtrez. Connor Swindells, l’Adam de Sex Education, joue le policier écossais Ed McCusker. En face, Patrick J. Adams, l’avocat de Suits, campe l’agent américain Dick Marquise. Merritt Wever, glaçante dans Unbelievable, complète le tableau. Derrière la caméra, Michael Keillor, qui a réalisé des épisodes de Line of Duty, ce qui vous donne déjà une bonne idée du terrain. Du procédural sérieux, tendu, sans esbroufe.
Derrière la fiction, il y a le récit de Jim Swire, ce père qui a perdu sa fille dans l’attentat et a passé sa vie à chercher la vérité :
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Ne cherchez pas le thriller à rebondissements toutes les dix minutes. C’est lent, méticuleux, parfois presque administratif, et c’est justement le sujet. La série s’attarde autant sur les familles endeuillées que sur les fonctionnaires qui remplissent des cartons de scellés. Elle regarde comment une douleur immense finit par se transformer en dossier judiciaire, avec ses impasses et sa géopolitique compliquée, la Libye en toile de fond.
Un mot quand même. Le sujet est réel, les victimes aussi, et la série ne joue pas la surenchère macabre. Si vous avez aimé la rigueur d’un Unbelievable ou la patience d’un Line of Duty, vous êtes exactement au bon endroit.
Bref, ce n’est pas le genre de série qu’on lance pour se vider la tête un soir de canicule. C’est plutôt celle qu’on regarde en sachant qu’on va y repenser le lendemain. Six heures, un vrai poids, et cette sensation assez rare d’une reconstitution qui respecte tout le monde.
Crédit photo : Netflix
