Le niksen, l’art de ne rien faire que les Néerlandais pratiquent sans culpabiliser

Il y a un moment, l’été, où l’on se surprend à fixer le plafond, ou la mer, ou rien du tout. Et juste après vient la petite voix qui souffle qu’on devrait faire quelque chose d’utile. C’est exactement cette voix que le niksen propose de faire taire.

Le mot vient du néerlandais. « Niks » veut dire « rien », et niksen, c’est littéralement « ne rien faire ». Pas méditer, pas respirer en pleine conscience, pas écouter un podcast en rangeant le placard. Vraiment ne rien faire. S’asseoir et laisser le temps passer sans objectif.

Aux Pays-Bas, l’idée n’a rien d’exotique. On l’assume tranquillement, là où dans nos têtes l’oisiveté reste suspecte. C’est peut-être ça, le plus difficile : s’autoriser une pause sans la déguiser en activité productive.

Et ce n’est pas qu’une coquetterie de magazine. Ces moments creux laissent au cerveau l’occasion de souffler. Quand l’esprit cesse d’être bombardé de stimuli, le niveau de cortisol, l’hormone du stress, redescend, et on glisse vers un vrai relâchement. Les pensées anxiogènes, celles qui tournent en boucle, perdent un peu de leur prise.

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Pour pratiquer le niksen dans les règles de l’art, rien ne vaut un hamac où poser le corps et le laisser ne rien faire.

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Il y a même un effet secondaire amusant. Un esprit qui vagabonde sans but finit par relier des idées qui n’avaient rien à voir entre elles. C’est souvent sous la douche, ou les yeux dans le vide, que surgit la solution qu’on cherchait depuis trois jours. Ne rien faire, c’est parfois le meilleur moyen de penser.

La bonne nouvelle, c’est que ça ne demande aucun matériel et aucun abonnement. Dix à quinze minutes par jour suffisent, ou quelques minutes glissées entre deux tâches. Une chaise au soleil, un banc, le rebord d’une fenêtre. Vous regardez les gens passer, les feuilles bouger, et c’est tout.

Le plus dur, honnêtement, c’est de tenir sans attraper le téléphone. Parce que scroller, ce n’est pas ne rien faire, c’est s’occuper l’esprit autrement. Le niksen exige ce petit courage : poser l’écran et accepter de s’ennuyer un instant.

L’été est la saison parfaite pour s’y essayer. Les journées s’étirent, le rythme se relâche, personne ne vous attend vraiment. Alors la prochaine fois que la culpabilité pointe, vous pourrez répondre que non, vous n’êtes pas en train de perdre votre temps. Vous faites du niksen. Et c’est très bien comme ça.

Crédit photo : Illustration générée par IA