Éric Judor reprend la caméra avec Le Roi du Game, l’histoire d’un père largué qui se rêve champion de jeu vidéo

Neuf ans après Problemos, Éric Judor est repassé derrière la caméra. Le Roi du Game sort ce 21 octobre, et c’est lui qui le réalise autant qu’il le joue.

L’histoire tient en une phrase et promet déjà du grand n’importe quoi bien à lui. Alexandre veut renouer avec sa fille. Pour ça, il s’infiltre dans une équipe de bras cassés qui écume un univers de jeu médiéval-fantastique. Un quadra un peu largué qui débarque chez les gamers, on voit tout de suite le tableau.

Gaumont distribue, et le casting fait envie. Alexandra Lamy donne la réplique, le Québécois Marc Labrèche et Hafid F. Benamar complètent la bande. Le scénario est signé Antonin Fourlon et Cédric Prévost. On est donc sur une vraie comédie populaire, pas sur une private joke de puristes du pad.

Et c’est peut-être là que le film est malin. Le jeu vidéo au cinéma, ça finit presque toujours en caricature, le geek dans sa cave et les néons bleus. Judor, lui, prend le sujet par le sentiment. Un père qui ne sait plus parler à sa gamine et qui va apprendre son langage à elle, quitte à se ridiculiser dans un donjon virtuel. Sur le papier, le ressort est classique. Sauf que c’est exactement le terrain de jeu de Judor, celui du type sincère coincé dans une situation absurde.

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Pour s’infiltrer dans un donjon en ligne comme Alexandre, mieux vaut une manette qui tient la route.

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Reste la grande question de toute comédie française : est-ce que ça fait vraiment rire sur la durée. Problemos tenait son concept une heure et demie sans trop s’essouffler, on peut raisonnablement espérer la même tenue. Le mélange père-fille et gaming a de quoi parler large, aux ados qui vivent manette en main comme aux parents qui n’y comprennent rien.

Pour qui c’est, du coup ? Pour une sortie familiale un peu maligne, le genre de film où le gamin de la maison va enfin se sentir compris et où les parents vont rire sans se forcer. C’est la bonne fenêtre, aussi : les vacances de la Toussaint arrivent, et une comédie grand public tombe toujours à pic quand il pleut dehors et qu’il faut occuper tout le monde.

On ira voir, par curiosité au moins. Judor qui réalise, ça n’est jamais complètement sage, et c’est bien pour ça qu’on y va.

Crédit photo : Gaumont