La lumière qui nous reste, le roman où Chris Whitaker lâche cinq ados disparues dans une bourgade d’Alabama écrasée par l’orage
Il y a des auteurs qu’on suit les yeux fermés. Chris Whitaker en fait partie depuis Nous commençons par la fin, ce roman qui vous prend à la gorge et refuse de lâcher. Son nouveau livre traduit en français, La lumière qui nous reste, est arrivé en librairie le 1er octobre chez Sonatine, et il coche à peu près toutes les cases de ce qui fait un bon Whitaker.
L’histoire se passe à Grace, petite ville d’Alabama où il ne fait pas bon être une adolescente. Cinq jeunes filles ont déjà disparu sans laisser de trace. Quand Summer Ryan, élève modèle et du genre à ne jamais rater un cours, s’évanouit à son tour en ne laissant qu’un mot, personne ne veut vraiment creuser. Personne, sauf sa sœur jumelle Raine, qui décide de mener l’enquête elle-même, avec deux garçons du coin, Noah et Purv, pour seuls renforts.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’atmosphère. Une tempête menace, l’air est lourd, la paranoïa monte, et Whitaker en profite pour fouiller les secrets d’une communauté qui préfère regarder ailleurs. On est quelque part entre le thriller et le roman d’apprentissage, avec cette obsession pour l’adolescence et l’amitié qui traverse toute son œuvre.
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480 pages, traduites par Cindy Colin-Kapen. Ça peut sembler beaucoup pour un polar, mais c’est justement là que Whitaker est fort : il prend son temps, il installe ses personnages, il vous fait aimer des gamins avant de les mettre en danger. Si vous avez aimé Toutes les nuances de la nuit, son précédent gros succès, vous retrouverez la même patte, ce mélange de noirceur et de tendresse qui le distingue de la production habituelle.
Alors oui, ce n’est pas une lecture légère pour la plage. Les thèmes sont durs, la tension monte lentement, et certaines pages laissent une trace. Mais c’est exactement ce qu’on attend d’un bon roman noir : qu’il nous tienne éveillés un peu trop tard et qu’il nous fasse penser aux personnages plusieurs jours après avoir refermé le bouquin.
Pour qui ? Pour les amateurs de polars américains bien écrits, ceux qui lisent Dennis Lehane ou Harlan Coben mais cherchent un peu plus de profondeur. Si c’est votre rayon, foncez. Vous risquez d’y passer un week-end entier.
Crédit photo : Sonatine Éditions
