Nicolas Flamel entre au musée de Cluny, et pour une fois l’alchimiste qu’on connaît par Harry Potter a vraiment existé
Vous avez forcément croisé son nom. Dans le premier Harry Potter, c’est lui qui aurait fabriqué la pierre philosophale planquée à Poudlard. Sauf que Nicolas Flamel n’est pas une invention de J.K. Rowling. L’homme a bel et bien vécu à Paris, il est mort en 1418, et le musée de Cluny lui consacre une exposition à partir du 13 octobre, jusqu’au 24 janvier 2027.
Son titre dit déjà tout le sel de l’affaire : « Nicolas Flamel. Alchimiste de papier ». Parce que le vrai Flamel n’a jamais transformé le plomb en or. C’était un libraire et écrivain public parisien, un type qui copiait et vendait des manuscrits, et qui a fini plutôt riche. De là à imaginer qu’il avait percé le secret du grand œuvre, il n’y a qu’un pas, et les siècles suivants l’ont allègrement franchi. La légende s’est construite après sa mort, sur du papier justement, dans des traités qu’on lui a attribués sans qu’il n’y soit pour rien.
Le point de départ de l’expo, c’est une pièce que Cluny possède déjà : son épitaphe, taillée dans le calcaire lutécien au XVe siècle. Un objet concret, daté, face au mythe qui a enflé pendant six cents ans. Autour, une cinquantaine d’œuvres, des manuscrits, des documents d’archives, des objets, et même des vidéos et des extraits musicaux pour remettre le bonhomme dans son époque. On y trouve aussi un manuscrit du XVIIe siècle qu’on lui prête encore, daté de 1680, soit plus de deux cents ans après sa mort. Ça vous donne une idée de la durée de vie de la rumeur.
Pour beaucoup, la toute première rencontre avec Nicolas Flamel s’est faite entre deux cours à Poudlard. Le livre où tout commence :
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Ce que j’aime bien ici, c’est l’angle. On ne vous vend pas le sorcier, on démonte gentiment la fabrique de la légende, tout en respectant le personnage réel. Pour un lecteur qui a grandi avec Poudlard ou le Da Vinci Code, où Flamel traîne aussi, c’est une occasion rare de voir d’où vient vraiment le fantasme.
Comptez 12 euros l’entrée, 10 en tarif réduit, et c’est gratuit pour les moins de 26 ans qui résident dans l’Union européenne. Le musée est à deux pas de la Sorbonne, dans un bâtiment médiéval qui colle parfaitement au sujet. Si vous passez par Paris cet automne, allez-y, l’endroit s’y prête vraiment.
Crédit photo : Musée de Cluny
