Le fabuleux piano, le livre où Sonia Devillers remonte la piste d’un Érard volé par les nazis

Vous connaissez sans doute Sonia Devillers pour sa voix du matin sur France Inter. La voilà romancière à nouveau, avec un deuxième livre qui prolonge le premier sans le refaire. Après Les Exportés, où elle racontait sa grand-mère et sa famille chassées de Roumanie, elle part cette fois sur les traces d’un piano.

Pas n’importe quel piano. Un Érard de concert, numéro 68037, acheté en 1892 par la famille Enoch, les célèbres éditeurs de partitions. L’instrument se transmettait de père en fils. Et puis en 1943, les nazis l’ont emporté. On ne l’a jamais revu.

Ce qui part comme une enquête personnelle devient vite beaucoup plus large. En cherchant l’instrument laissé à Bucarest par sa grand-mère, Devillers tombe sur toute une histoire qu’on a peu racontée : le pillage méthodique des pianos juifs. Des milliers d’instruments raflés à Paris, entassés dans ce qu’on appelait des « camps pour pianos », puis transportés sous les bombes jusqu’au fin fond du Reich. Les nazis n’ont pas seulement volé des meubles et des tableaux. Ils ont aussi volé la musique.

Le Fabuleux piano - Sonia Devillers

Envie de vous y plonger ? Le roman est disponible en librairie et en ligne.

Le Fabuleux piano – Sonia Devillers → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

C’est là la grande force du bouquin. Devillers prend un objet, un seul, et par lui elle fait tenir une mémoire entière. Le piano-fantôme devient un personnage. On suit ses propriétaires, on reconstitue son parcours, on butte sur les trous de l’archive. Et comme c’est une journaliste qui écrit, le récit avance à bonne allure, sans jamais se perdre dans l’érudition pour l’érudition.

Le livre vient de sortir chez Robert Laffont, dans la rentrée littéraire 2026, et il a déjà décroché le Prix NetGalley de la rentrée. Mieux : il figure dans la première sélection du Goncourt, ces seize romans dévoilés début septembre. La deuxième sélection tombe le 6 octobre, donc on saura vite s’il tient la distance. Pour moi il a toutes ses chances, parce qu’il coche la case rare du livre à la fois intime et documenté.

À qui le conseiller ? À celles et ceux qui aiment les enquêtes qui se lisent comme des romans, et qui veulent une porte d’entrée vers la Shoah par un angle qu’on voit rarement. Prévoyez quand même un mouchoir vers la fin. C’est le genre de lecture qui vous accompagne longtemps après la dernière page.

Crédit photo : Éditions Robert Laffont