C’était ça ou mourir, le premier roman qui a raflé le Prix Fnac en racontant la fuite d’un prof haïtien

Un premier roman qui rafle un grand prix dès sa sortie, ça n’arrive pas si souvent. Thélyson Orélien vient de le faire avec C’était ça ou mourir, publié chez Grasset le 19 août, et couronné le 21 septembre par le Prix du Roman Fnac 2026. Le jury, ce sont 400 lecteurs et 400 libraires. Autant dire des gens qui lisent beaucoup et qui ne se laissent pas embarquer facilement.

Le livre suit Jonas Dorléon, prof d’histoire à Port-au-Prince. Son quartier, Carrefour-Feuilles, bascule dans la violence, et il n’a plus le choix, il part. Il emporte presque rien. Un diplôme, un carnet de poèmes, une photo de sa mère. Toute une vie qui tient dans un sac plastique. À partir de là, c’est la route. République dominicaine, Brésil, Mexique, puis la frontière américaine, et l’espoir d’un refuge plus au nord, au Canada.

Ce qui frappe, c’est la manière dont Orélien raconte l’exil. Pas comme une statistique, pas comme un débat de plateau télé. Comme une expérience vécue, avec le bus surchauffé, la jungle, la peur au ventre, les frontières qu’on franchit en priant pour que ça passe. On est du côté de Jonas tout du long, et c’est ce qui rend le bouquin difficile à lâcher.

L’auteur sait de quoi il parle. Haïtien d’origine, installé au Canada, il est aussi poète, et ça se sent dans l’écriture. Il y a une langue, un souffle, quelque chose qui dépasse le simple récit de voyage. Le carnet de poèmes que trimballe Jonas n’est pas là par hasard.

C'était ça ou mourir

Le roman primé, à glisser dans votre pile de rentrée.

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Autre signe qui ne trompe pas, le roman est déjà en cours de traduction dans une vingtaine de langues. Pour un premier livre, c’est assez rare pour être souligné. On tient peut-être là un de ces titres dont on reparlera longtemps.

Alors oui, le sujet est dur, et il ne faut pas s’attendre à une lecture de plage tranquille. Mais c’est aussi de ça qu’on a besoin, parfois. Un roman qui vous colle à la peau d’un autre, qui vous fait comprendre de l’intérieur ce que veut dire tout quitter du jour au lendemain.

À 21,50 euros, c’est le genre de premier roman qu’on offre autant qu’on garde. Si vous cherchez une lecture qui compte pour cette rentrée, celle-là mérite franchement sa place sur la pile.

Crédit photo : Grasset