Le sabre laser est un vrai sport de combat en France, avec fédération, arbitres et championnat

Non, ce n’est pas une blague de fan de Star Wars un soir de convention. Depuis avril 2018, le sabre laser est une discipline officielle de la Fédération française d’escrime, avec délégation du ministère des Sports. La même maison qui gère le fleuret, l’épée et le sabre a donc adopté une quatrième arme, et celle-ci s’allume.

Le principe tient en une phrase. Deux adversaires, une arène, trois minutes pour toucher le corps de l’autre avec une réplique rigide en polycarbonate éclairée par des LED. La tête et le torse valent cinq points, les bras et les jambes trois. Rien de bien exotique pour qui a déjà tenu un fleuret, sauf que voilà, ici la lame fait du bruit et de la lumière, et ça change tout dans la tête des gens qui regardent.

Ce qui m’a surpris, c’est la rigueur du truc. On imagine deux gamins qui se tapotent façon cour de récré. En réalité, une touche ne compte que si elle est armée: le sabre doit d’abord partir vers l’arrière avant de revenir frapper. Cette seule règle interdit le mitraillage frénétique et oblige à de vraies attaques, lisibles, construites. Du coup on retrouve tout le vocabulaire de l’escrime classique, la distance, le timing, la feinte, la parade, avec des gestes plus amples parce que l’arme est plus longue et se voit de loin.

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La discipline s’est structurée pour de bon. Le premier tournoi national de l’Académie de sabre laser s’est tenu en février 2019, et depuis la France a son championnat, ses arbitres, ses catégories d’âge et son règlement écrit noir sur blanc. Metz a même accueilli un championnat de France, ce qui, pour une pratique née dans un cinéma, n’est pas rien.

Pour qui c’est? Pour tous ceux qui ont toujours voulu faire de l’escrime sans oser, et pour qui l’imaginaire pèse autant que la performance. C’est un sport complet, cardio, gainage, coordination, réflexes, et le côté spectaculaire aide à tenir quand la motivation flanche. Les clubs se multiplient, souvent adossés à une salle d’escrime traditionnelle.

Dernier truc, plus rigolo: on transpire énormément sous le masque, et le sabre à cinquante euros du magasin de jouets ne tiendra pas trois assauts. Mais bon, difficile de bouder une aussi bonne raison de se remettre au sport.

Crédit photo : Illustration générée par IA