Le coing, ce fruit d’automne qu’on ne peut pas croquer et qui vaut pourtant le détour

Sur les étals en ce moment, il y a ce gros fruit jaune, un peu bosselé, couvert d’un duvet, à mi-chemin entre la pomme et la poire. C’est le coing, et si vous avez déjà essayé d’en croquer un cru, vous vous souvenez sûrement de la déception. Dur comme du bois, astringent, immangeable en l’état. C’est bien pour ça qu’on le boude, alors qu’il mérite franchement mieux.

Le coing pousse sur le cognassier et arrive à maturité de fin septembre à novembre. Il ne se mange jamais cru, il faut le cuire. Et c’est là que tout change, parce qu’une fois cuit, il devient tendre, parfumé, avec cette odeur de miel et de fleur qui embaume toute la cuisine. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’en poser un ou deux dans une coupe le temps qu’ils diffusent leur parfum.

Le grand classique, c’est la gelée. Et bonne nouvelle, c’est plus simple qu’on ne le croit. On lave bien les fruits pour retirer le duvet, on les coupe en morceaux sans les peler ni les épépiner, puis on les fait cuire dans l’eau. Le truc à retenir, c’est qu’il ne faut surtout pas jeter la peau ni les pépins, parce que c’est là que se cache la pectine, celle qui fait prendre la gelée toute seule, sans additif. On récupère le jus, on pèse, on ajoute environ 700 à 800 grammes de sucre par litre avec un peu de jus de citron, et vingt à trente minutes de cuisson plus tard, vous obtenez cette gelée d’un rouge ambré magnifique.

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Et le plus beau, c’est qu’il n’y a aucun gaspillage. La pulpe qui vous reste, vous la mixez avec du sucre, vous la faites sécher, et vous obtenez de la pâte de coing, le fameux membrillo espagnol qu’on sert avec un fromage de brebis. Deux gourmandises pour le prix d’un fruit.

Côté accords, la gelée de coing fait des merveilles sur un morceau de comté ou de brebis, avec une bonne charcuterie ou un pâté en croûte. Et sur une simple tartine beurrée au petit-déjeuner, ça envoie aussi. Bref, un fruit qu’on ne peut pas croquer, mais qui se rattrape largement à la casserole. Cet automne, ne passez pas à côté.

Crédit photo : Illustration générée par IA